Huile & Acrylique Paroles d'artistes

Mayumi Tsubokura peint pour la protection des océans

© Mayumi Tsubokura

Après une enfance à Tokyo, Mayumi Tsubokura s’installe en France à partir de 1973. Artiste peintre passionné par la nature et le surf, il a fait de l’océan sa principale source d’inspiration. Il en fait aussi son combat, grâce à des actions menées en collaboration avec l’association Surfrider Foundation, l’une des principales ONG qui lutte pour la préservation des océans dans le monde. Rencontre avec un artiste engagé, dont le travail est reconnu aussi bien en France qu’à l’international.

Mayumi Tsubokura

Mayumi Tsubokura

Léonard : Bonjour Mayumi Tsubokura et merci d’avoir accepté de nous accorder un peu de votre temps. Pouvez-vous commencer par nous parler de vos inspirations et de votre amour pour l’océan ?

Mayumi Tsubokura : Mes inspirations vont peut-être vous étonner, mais je peux vous citer deux noms qui ressortent clairement : Maxfield Parrish et Alfons Mucha. J’avais 15 ans quand au Musée de Tokyo, j’ai pu découvrir ces deux grands maîtres. Parrish est d’un raffinement, d’une grâce que je trouve incomparable. Sa technique est extraordinaire, sa lumière… 
Mucha quant à lui est mon maître de la composition, du trait, du design.
J’ai de nombreux livres de ces deux artistes dans lesquels je replonge très souvent.

Mon sujet, ma passion à représenter l’océan est intimement liée à ma relation avec le surf et au monde du surf. Je considère cette pratique à l’égale des arts martiaux, mais avec la nature. Il faut respecter la mer, tout en donnant le meilleur de soi-même, et « combattre ». J’ai commencé à peindre des vagues, des portraits de vagues pour montrer aux tahitiens comment étaient les vagues d’Hawaï. Puis j’ai fait la même chose à Hawaï, sur la Côte Basque, à Paris, etc. Et je continue encore aujourd’hui.

© Mayumi Tsubokura

© Mayumi Tsubokura

Léonard : Vous êtes donc un artiste libre, autodidacte on imagine ?

Mayumi Tsubokura : Oui, je pense que je suis surtout autodidacte. J’ai étudié bien sûr, copié, mais je n’ai jamais eu de mentor à proprement parler. J’ai eu un professeur particulier pour le dessin étant enfant, mais je n’en faisais qu’à ma tête…

À mon arrivée en France, j’entre aux beaux-arts, mais je ne comprenais pas assez bien le français pour pouvoir assimiler correctement tous les enseignements de mes professeurs.

J’ai énormément travaillé ma technique en observant. J’ai par exemple passé des dizaines d’heures à étudier « La Naissance de Vénus » de Cabanel.

© Mayumi Tsubokura

© Mayumi Tsubokura

Léonard : Aujourd’hui, quel est votre médium préféré ? Et quels sont vos outils de prédilections pour peindre ?

Mayumi Tsubokura : Avant j’utilisais beaucoup la peinture à l’huile, mais maintenant j’utilise principalement de l’acrylique. Côté matériel, j’utilise de tout selon mes besoins, essentiellement des pinceaux en fibres synthétiques, assez rigides, et plutôt gros, mais aussi des éponges, des tissus, mes paumes et mes doigts, pour la transparence de l’eau.

© Mayumi Tsubokura

© Mayumi Tsubokura

Léonard : Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier ?

Mayumi Tsubokura : Si c’est une toile, c’est « Eddie », une représentation du Hokule’a (ndlr, une grande pirogue double polynésienne) d’Eddie Aikau. Un ami mort en héro, et qui est devenu une légende dans le monde du surf. J’ai vraiment mis tout mon cœur dans ce tableau. 
Elle est visible en ce moment à Biarritz.

Eddie © Mayumi Tsubokura

Eddie © Mayumi Tsubokura

Au-delà de l’art, ce dont je suis fier, et ce qui me rend pleinement heureux, c’est le travail de sensibilisation auprès des enfants que je fais avec l’ONG Surfrider Foundation. Souvent des classes visitent les locaux de l’association. Il y a quelques jours encore, un élève m’a dit spontanément :

« Monsieur Mayumi vous m’avez permis de voyager très loin sans que je ne me déplace ! Les îles d’Hawaï, Tahiti, les Marquises, c’est très beau, je suis tombé amoureux du Pacifique. »

J’ai été très touché. J’aime donner ce genre d’émotions. Je pense que c’est une véritable éducation à l’environnement, à la nature, à l’océan. On pollue l’océan qui nous donne pourtant tout. Les enfants deviennent conscients. Les 45 personnes qui travaillent à Biarritz pour Surfrider Foundation opèrent pour le futur, et je les salue. C’est cette œuvre collective qui est la plus belle à mes yeux.

(ndlr, plusieurs œuvres de Mayumi Tsubokura habillent désormais les bureaux de l’antenne principale de l’ONG, à Biarritz).

© Mayumi Tsubokura

© Mayumi Tsubokura

Léonard : Et maintenant, quels sont vos futurs projets ?

Mayumi Tsubokura : En plus de la peinture, avec Surfrider nous aimerions faire un événement en collaboration avec des stars du surf. Une compétition, avec Justine Mauvin comme ambassadrice, pour les connaisseurs. Je donnerai plus de détails sur les réseaux sociaux quand j’en saurai un peu plus !

© Mayumi Tsubokura

© Mayumi Tsubokura

Léonard : Enfin, un conseil à donner à une personne qui souhaite se lancer dans la pratique de la peinture ? 

Mayumi Tsubokura : Visualisez. Cherchez ce que vous aimez le plus, et faites apparaitre cette vision sur votre toile. Si vous pouvez y arriver, bravo. Je m’efforce de faire apparaitre une petite partie de ce que je peux imaginer depuis 60 ans.

Aussi, la peinture, pour moi, c’est une histoire de lignes. Droite, courbe, longue épaisse, en zigzag, en pointe, une vague…
 Imaginez ces lignes, le croisement de ces lignes. Elles feront votre peinture.

Et enfin, copiez ! Les paysages, les choses immobiles, les natures mortes, c’est déjà difficile, mais je trouve que l’eau qui bouge c’est le challenge ultime, cela m’amuse encore plus.

La peinture, ce ne sont que des illusions d’optique en quelque sorte. On trompe l’œil du spectateur. De cette tromperie, la magie, la peinture nait.

© Mayumi Tsubokura

© Mayumi Tsubokura

Nous remercions chaleureusement Mayumi Tsubokura d’avoir partagé ces quelques mots avec nous. Pour en découvrir davantage sur son travail d’artiste, nous vous invitons à consulter son site internet ainsi que sa page Facebook.

Pour en savoir plus sur les actions de l’ONG Surfrider Foundation, rendez-vous sur le site internet de l’association.

 

 

À propos de l'auteur

Pinceaux Léonard

Depuis 1840, sept générations se succèdent à Saint-Brieuc en Bretagne pour fabriquer à la main des pinceaux de qualité, les Pinceaux Léonard. Aquarelle, acrylique, peinture à l'huile ou encore loisirs créatifs, nous produisons fièrement et avec passion la plus large gamme de pinceaux pour l'art en France.

Laisser un commentaire