Huile & Acrylique Paroles d'artistes

Nathalie Jolibois, paysages lointains et portraits de maisons

Nathalie Jolibois en Baie de Cook
Nathalie Jolibois peintre

Nathalie Jolibois à Iva Oa dans les Marquises

Elle possède une galerie à Planguenoual, en Bretagne, à seulement quelques kilomètres de nos ateliers, mais il y a peu de chances que vous puissiez l’apercevoir là-bas. Nathalie Jolibois est une artiste peintre qui court le monde et comme elle le dit elle-même, « les voyages font partie de ma conception de vie ». De la Suède à la Polynésie, en passant par le Brésil et Israël, nous vous présentons une artiste complète, dont l’histoire personnelle est aussi riche en couleurs que ses toiles.

Rencontre avec l’artiste Nathalie Jolibois

Léonard : Bonjour Nathalie et merci d’avoir accepté notre invitation. Pour commencer, peux-tu présenter ton parcours, ton histoire et ton amour de la peinture pour ceux qui ne te connaissent pas.

Nathalie : À l’âge de 8 ans sur le quai de Saint-Jacut-de-la-Mer, j’ai observé un peintre de plein air. J’étais subjuguée par le fait qu’il puisse faire entrer tout un paysage et sa lumière dans un si petit format. Peu de temps après mon père s’adonna à la peinture, je me souviens de « la ronde de nuit » de Rembrandt, dont il fit une copie. Je découvrais dans ces moments plaisants l’odeur de la peinture à l’huile et l’adorais immédiatement. C’était à Paris, là où je suis née.

Je me souviens ensuite d’une enfance et d’une adolescence de solitude. L’ambiance était difficile à la maison. J’aimais me réfugier dans le dessin, j’aimais le noir et blanc, l’encre de chine, l’abstrait. Tous les supports étaient bons pour peindre : galets, œufs, ardoises, jusqu’aux murs de ma chambre ! Nous avions comme voisin Pierre Frisano, le dessinateur de Rahan, et j’adorais aller chez lui. Je m’y sentais chez moi, il me montrait ses planches, ses pinceaux si fins.

Lorsque j’ai eu 13 ans, mon père, courageux, décida de tout lâcher et de venir monter une entreprise en Bretagne, Grand Ouest Étiquetage. Ce fut pour moi un déracinement douloureux, j’aimais notre adresse, Avenue des 7 Iles, et ne voulais pas en changer.

Il suffit d’une personne à croire en vous et c’est gagné

Ensuite à 16 ans je suis entrée à l’école municipale des beaux-arts de Saint Brieuc. Christian Jemain, graveur reconnu et à l’époque directeur de l’école, a été la première personne à croire en moi. Il suffit d’une personne à croire en vous et c’est gagné ! Avec une dérogation de sa part, j’ai été reçue, sur concours, aux beaux arts de Rennes et de Quimper. J’ai choisi Rennes, la musique étant ma seconde passion.

Nathalie Jolibois en train de peindre à l'île de Pâques

Nathalie Jolibois en train de peindre à l’île de Pâques

La rentrée était en septembre. Et en juillet juste avant, je partais seule pour Athènes, dans le but de découvrir l’art Antique. Dans le train vers Paris je rencontrai F. Goldstein, peintre impressionniste américain disciple d’Henry Henshy, lui-même grand peintre américain et ami de Claude Monet. Cette rencontre donna un tournant assez définitif pour ne pas dire totalement définitif à ma direction artistique. Un an plus tard, j’intégrais l’atelier de F. Goldstein en Suède pour 2 ans. Avec cet enseignement, les voyages d’étude et les musées s’enchainent : Londres, Copenhague, New York, Paris. En Suède et au Danemark, j’aurai été marquée par le froid, et après ces 2 années de rigueur, d’études des couleurs, sans jamais avoir l’autorisation de peindre un paysage, puisque selon mon maître, ni ma rétine, ni mon cerveau n’étaient prêts, je rêvais clandestinement de chaleur et d’enfin capturer la lumière, de peindre, de dévorer un paysage au soleil !

Puisque pendant 2 ans j’avais tenté de reproduire les couleurs de cubes colorés, sujets qui m’étaient assignés, chercher la chaleur dans la lumière comme dans l’ombre devenait essentiel. Aussi, inconsciemment, c’est devant une sorte de cube (une maison), que pour la première fois je plantais mon chevalet et ce, aux antipodes des pays du nord, sur la côte Est du Brésil. Parallèlement, je comprenais l’impact de l’esclavagisme et de la colonisation.

Ce fut ensuite l’ile Maurice, ma première île. Là-bas, je réalisais ma première exposition personnelle, et ma première commande de portrait de maison. Ce n’était plus une maison en tôle comme au Brésil, mais une maison en dur, celle de colons avec les prémisses de l’océan indien en arrière plan.

Ensuite, j’eu envie de peindre le désert, alors je suis partie en Israël, dans le Néguev. Après avoir réalisé de nombreuses toiles de paysages arides, notamment la mosquée de Beer Sheva à différentes heures du jour, je me souviens avoir atterri dans un kibboutz, et avoir ressenti de grandes émotions à y peindre des maisons entourées de végétation. C’était comme atterrir dans une oasis.

Nathalie Jolibois à la Grande Arche dans l'Utah - USA

Nathalie Jolibois à la Grande Arche dans l’Utah – USA

En Israël je découvrais l’anthroposophie, et l’art thérapie, deuxième grande découverte dans ma quête personnelle. À partir de là, les couleurs allaient me parler plus distinctement, plus personnellement. Les couleurs ont un pouvoir de guérison, comme je l’explique dans ma conférence sur « le pouvoir des Couleurs » (accessible en ligne, en m’adressant un email à njoliboisartherapeute@gmail.com).

Je sais désormais que toute mon œuvre jusqu’à maintenant a été basée sur le fait de transmettre par le biais des couleurs, la lumière et la beauté unique de notre planète terre. Un défit d’envergure, aussi basé sur le but de plaire à mon public.

Léonard : C’est tout simplement passionnant ! Et parmi toutes ces œuvres, quelle est à l’heure actuelle celle dont tu es la plus fière et peut-on l’observer quelque part ?

Nathalie : Il y a une toile que j’aime particulièrement. Elle est visible dans ma galerie, à St Magloire à Planguenoual, dans un format de 2m x 1m50. Elle représente un moment paisible, plaisant, d’une famille unie dans la majestueuse baie de Cook, à Moorea en Polynésie. Réalisée sur place avec l’aide de 2 chevalets, elle est aussi une aspiration personnelle.

Après-midi en baie de Cook par Nathalie Jolibois

Après-midi en baie de Cook par Nathalie Jolibois

Léonard : Côté technique, quel est ton médium préféré et quels sont tes outils favoris ?

Nathalie : L’odeur de l’huile est incarnée en moi. Elle a toujours été mon médium favori, pour son onctuosité et sa générosité. Pendant un peu plus de 10 ans je n’ai utilisé que le couteau pour travailler la matière, même pour réaliser les ogives. Ma rencontre avec les pinceaux Léonard, partenaires de mon premier tour du monde, a déterminé ma nouvelle technique. J’allais arrêter la spatule, ayant tant de bons pinceaux différents à expérimenter. Je suis maintenant désireuse de concilier les deux.

Léonard : Parle-nous un peu plus de ton projet à Madagascar, comment es-tu arrivée là-bas, comment s’est développée ton envie d’apporter quelque chose à la communauté ?  Qu’est-ce que cela t’as apporté sur le plan personnel ?

Nathalie : Le métier d’artiste peintre est pour moi extraordinaire, il est un grand défi, qui n’est jamais vraiment définitivement relevé. Personnellement je ne suis jamais sûre de rien quant à ma réussite, elle dépend uniquement de ma foi, et elle est toujours en attente d’être dépassée.

Les voyages font partie de ma conception de vie car ils continuent de m’enseigner l’adaptation et le partage.  Il est donc pour moi aisé de vouloir les faire partager à ma fille Kaléna, qui a maintenant 9 ans. Madagascar est un pays du tiers monde, la pauvreté rend les gens généreux, conception qui nous manque ici en Occident. Je suis aussi convaincue que nous avons tous une mission sur cette terre, la mienne est aussi de partager ma passion, la peinture, et plus particulièrement les couleurs, alliée à mes rêves d’un monde plus haut en couleur.

C’est pour cette raison que nous sommes allées peindre un génie sur un mur d’un village de brousse à Madagascar, avec l’assistance de Kaléna. Plus de 250 enfants ont participé à cette création, ils ont tenu le pinceau tel une baguette magique, ou ont mis directement la peinture dans leurs mains, pour apposer leur empreinte colorée sur le mur de ce village gris de poussière.

Dans chaque pays, à chaque fois que j’ai pu partager le pinceau et la couleur, je me suis toujours dis que sur le nombre, il y en aurait au moins quelques-uns à être piqués par le désir de devenir artiste peintre, d’exprimer par cet art leur propre message au monde. Peut-être d’en faire un métier et même d’en vivre.

Léonard : De nouveaux projets, artistiques ou humains en perspective ?

Nathalie : À l’heure actuelle je vis au présent ce grand cadeau d’être maman. En même temps, j’allie mon art, à celui d’Art thérapeute, plus précisément Chromo thérapeute, je rêve toujours de nouvelles îles … et de nouvelles architectures à peindre. Les Seychelles, les Maldives et d’autres, me restent encore à découvrir et dans un future idyllique j’aimerai éditer mon livre : « En peinture Architectures du monde »

Nathalie Jolibois

Nathalie Jolibois

Léonard : Merci pour ce riche partage que tu nous as offert Nathalie. Avant de vous quitter, as-tu un conseil à donner à une personne qui souhaite se lancer dans la pratique de la peinture ?

Nathalie : Mon meilleur conseil serait celui que j’ai reçu aux Iles Marquises, je l’ai découvert dans un tout petit musée, conseil qui m’a suivi toute ma vie :

« Peignez follement et sûrement, peignez sans relâche, mais ne transpirez jamais sur un tableau, si vous avez du talent un jour ou l’autre on le reconnaitra » – Paul Gauguin

Pour en savoir plus sur le travail de Nathalie Jolibois, nous vous donnons rendez-vous sur son site internet.

À propos de l'auteur

Pinceaux Léonard

Depuis 1840, sept générations se succèdent à Saint-Brieuc en Bretagne pour fabriquer à la main des pinceaux de qualité, les Pinceaux Léonard. Aquarelle, acrylique, peinture à l'huile ou encore loisirs créatifs, nous produisons fièrement et avec passion la plus large gamme de pinceaux pour l'art en France.

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