Aquarelle

Notre rencontre avec l’aquarelliste : Cyrille Hurel

Écrit par @dminBeauxarts

Pinceaux Léonard : Merci d’avoir accepté notre demande d’interview Cyrille ! Pour commencer, pouvez-vous simplement vous présenter, nous dire qui vous êtes, d’où vous vient votre passion pour la peinture et l’art en général ?

Cyrille : C’est moi qui vous remercie de porter un intérêt à mon travail et mon univers. Je crois que je pourrais me qualifier de curieux de nature ; c’est donc naturellement que je me suis orienté vers les arts qui sont un moyen de s’exprimer et de communiquer sans précédent. J’aime l’idée que chaque personne peut s’approprier à sa façon ce qu’elle regarde. Mais je ne me considère pas comme un artiste mais plus comme quelqu’un qui a trouvé un médium pour s’évader, se mettre au calme et échapper à l’agitation que le monde nous impose. Ici, dans mon travail, je pose ce qui me plait sans rendre de compte, sans m’enfermer dans des codes, des conventions… Je peux être moi et ça fait du bien (sourire)

Pinceaux Léonard : Vous utilisez différentes techniques, mais vous semblez avoir un intérêt plus prononcé pour l’aquarelle. Que vous apporte ce medium en particulier ?

Cyrille : D’une part, j’aime la magie de cette technique. Voir fuser les pigments, accepter que le hasard fera une partie du travail, s’émerveiller devant la puissance des couleurs, la subtilité des nuances, des transparences… Et puis il y a le côté nomade : partir le sac au dos, au hasard des chemins, se poser, respirer le sujet, le poser sur son carnet et l’éclairer avec ses godets… S’il fallait que je résume cette technique je dirais qu’utiliser de l’aquarelle, c’est se sentir tout simplement libre…

Pinceaux Léonard : Avez-vous suivi des cours, ou vous considérez-vous plutôt comme un artiste autodidacte ?

Cyrille : Complètement autodidacte. J’ai touché pour la première fois un godet d’aquarelle à l’âge de 45 ans lors d’un travail avec mes élèves. J’ai été séduit immédiatement. Ensuite, j’ai beaucoup expérimenté et de manière empirique, j’ai progressé. J’avais toujours des objectifs et je ne lâchais jamais l’affaire avant d’avoir réussi. Et comme je suis pugnace et perfectionniste, ça pouvait demander des heures et des heures mais finalement je ne les voyais pas passer… Aujourd’hui, j’ai le sentiment que plus je peins, moins je sais faire de choses et que j’ai encore beaucoup de travail devant moi…

Pinceaux Léonard : Où trouvez-vous vos inspirations ?

Cyrille : Sans aucune hésitation sur mon plateau d’adoption, l’AUBRAC. C’est un endroit rude, mystérieux, sauvage mais qui sait rendre tellement quand on prend le temps de le contempler. Chaque endroit est un spot extraordinaire. Et chaque saison transforme ses paysages, telle une pièce de théâtre à ciel ouvert qui se jouerait en quatre actes…

Pinceaux Léonard : Au niveau de votre matériel, avez-vous des pinceaux ou des outils que vous aimez particulièrement et pourquoi ?

Cyrille : J’aime beaucoup les pinceaux à lavis 872 RO qui sont pour moi ceux que j’ai toujours sur moi. Il existe en pinceaux de voyage et d’atelier. Ils sont nerveux et ont de la réserve. Et en plus comme je suis assez sensible au traitement animal, le fait qu’ils soient synthétiques ne peut que me satisfaire. Avec ces pinceaux, je peux quasiment tout faire et je ne les changerais pour rien au monde… Après bien sûr il y a les mythiques 7733RO avec lesquels j’aime bien travailler les détails.

Pinceaux Léonard : Quelle est à l’heure actuelle la réalisation dont vous êtes le plus fière ? Peut-on l’observer quelque part ?

Cyrille : Fier, je ne peux pas m’exprimer ainsi ; ça va à l’encontre de ma façon de penser. Ce dont je suis fier par contre, c’est d’exposer que des aquarelles que je mettrais sans aucun problème sur les murs de chez moi. J’aime beaucoup peindre des brumes ou des espaces où le calme et la sérénité sont de mise… J’expose actuellement dans la Vallée du Lot à Espalion (AVEYRON) chez la jeune chef du « Curiosithé ». Mais je reçois toutes personnes dans mon atelier sur l’AUBRAC ; il suffit juste de me contacter.

Pinceaux Léonard : Quels sont vos projets pour la suite ?

Cyrille : À court terme, je prépare déjà les nouvelles expositions de 2020. Je travaille également sur les textes de Vincent Calvet, poète et ami publié plusieurs fois et traduit dans plusieurs langues. Mais le rêve serait de pouvoir en vivre pour ne passer mon temps qu’à dessiner et peindre. La vie est courte ; j’ai des idées plein la tête et tellement envie et besoin de créer. Et puis l’année passée, mon activité d’illustrateur m’a permis d’engager des collaborations avec la prestigieuse Maison Bras, le centre thermal de la Chaldette et des petits distributeurs qui ont fait le choix de travailler avec des produits de qualité comme « A l’entour » (à Nasbinals) ou la librairie « Pont-Virgule » (Espalion). Je reste ouvert à toute proposition et croit que mon travail continuera à toucher des personnes qui pourront me permettre de me développer…

Pinceaux Léonard : Un dernier conseil à donner à toute personne qui souhaite se lancer dans la peinture ?

Cyrille : Je ne sais pas si je suis bien placé pour donner un conseil à qui ce que ce soit mais je pense que le don n’existe pas sans un travail énorme. Pour progresser et arriver à poser sur le papier ce que l’on a dans la tête, il faut penser peinture, être à l’écoute, aller à la rencontre des autres et faire preuve d’une grande humilité… Je pense que Nicolas BOILEAU serait plus à propos de répondre à cette question avec ces quelques vers « Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »

Chaque visuel est soumis à un copyright. Crédit photo : Jackie Fourmiès.

Visitez le site web de l’artiste : https://cyrillehurel.wixsite.com/kyrillos

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@dminBeauxarts

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